L'esprit entrepreneur est très bien développé en Chine. La plus belle preuve en est bien sur le décollage économique des 30 dernières années, essentiellement impulsé par le dynamisme du secteur privé.

 On entend souvent qu'il est plus facile d'entreprendre en Chine car le contexte y est plus favorable. 

Cela est tout à fait correct :

  • abondance de financements
  • contexte de forte croissance économique
  • nombreuses opportunités dans un pays où il reste encore beaucoup à faire
  • souplesse des réglementations, facilités à entrepreneuriat

Mais outre ce contexte favorable, il existe une multitude de raisons culturelles ou sociales qui stimulent la ferveur entrepreneuriale des Chinois. Il est intéressant pour nous les analyser, car elles donnent des pistes pour favoriser cette dynamique dans nos économies européennes. Chaque point ci-dessous ne peut-être appliqué tel quel chez nous, mais nous donne des clés de lecture pour nous interroger sur notre situation actuelle : 

Nécessité matérielle

Peu ou pas d'aides publiques, contexte social très rude, concurrence extrême due à la surpopulation : en Chine, il faut être combatif et audacieux si on veut s'en sortir. D'une certaine façon, cette âpreté du système pousse les individus à se prendre en main et à entreprendre.

Soif de développement

La soif de développement, de modernité et de confort matériel est un moteur incroyablement puissant pour les salariés et entreprises chinois

Le rapport à l'argent

Le rapport à l'argent et à la réussite sociale et la fibre « commerçante » : de tout temps, pays de commerçants, importance culturelle de la réussite sociale, rapport décomplexé à l'argent….Les Chinois sont à l’affût des opportunité business.

La culture du travail

Le travail est une valeur clé de la civilisation chinoise.

Le sentiment national

L'impression de participer au développement du pays – qui a vocation à retrouver sa grandeur passée - est un puissant facteur de motivation.

Inspiration

Certains entrepreneurs chinois ont su créer une dynamique inspirante, enracinée dans la culture et le développement national.

A cet égard, la réussite tonitruante de l'emblématique PDG d'Alibaba, Jack Ma est révélatrice : Alibaba se présente avant tout comme un outil au service du développement de la Chine et des Chinois, et comme un tremplin pour les PME chinoise dans leur ouverture vers de nouveaux marchés.

En mettant ses clients (PME chinoises) et ses employés au centre des préoccupations de l'entreprise, Ma a donner du sens à son activité et mobiliser les énergies. Il est un exemple parmi beaucoup d'autres.

Rapport à l'échec

D'une certaine façon, on peut dire que les chinois ne dramatisent pas l'échec, du moment qu'il ne s'accompagne d'une perte de face (humiliation publique par exemple). Laozi  écrit même :  « l'échec est la mère de tout succès ». En tout cas, l'incroyable combativité des chinois fait qu en situation difficile, ils essaieront de rebondir par tous les moyens, et ne baisseront que rarement les bras en se lamentant sur un échec.

Rapport à l'action, pragmatisme et (faible) culture du risque

Face à une opportunité de création d'entreprise, les chinois se lancent beaucoup plus facilement que nous. Ils anticipent beaucoup moins les difficultés futures. Ils font le pas qu'ils peuvent faire maintenant, et regardent par la suite comment continuer à avancer. 

D'un coté, l'attitude chinoise peut parfois conduire à des impasses. Mais d'un autre coté, elle permet souvent d'avancer pour ne pas tomber dans l'immobilisme. 

A l'inverse, la culture du risque et la planification occidentales ont aussi de bons cotés et sont synonymes de responsabilité et maturité industrielle et sociale. Mais elles peuvent dans certains cas s'avérer inhibantes.

 

En conclusion, la réussite chinoise peut aussi nous interroger sur la dialectique de l'esprit gestionnaire et de l'esprit entrepreneurial. La prédominance de la gestion dans nos économies "matures" aurait d'une certaine facon l'effet pervers de brider notre creativité et notre audace. A nous de savoir utliser avec discernement les outils de gestion à notre disposition, sans nous laisser enfermer dans une logique trop controlante.