La culture du changement est profondément enracinée dans la mentalité chinoise. Et dans le monde actuel, en mutation accélérée, c'est incontestablement un atout considérable.

Cette dynamique est à la source même de la sagesse chinoise traditionnelle, qui pense le monde en termes de transformations.

Le changement est considéré comme l'essence même du monde.

L'un des livres fondateurs de la pensée Chinoise est précisément le « Classique des changements » (Yi Jing). Il formalise les concepts de Yin et Yang, et décrit le monde phénoménal comme une succession de transformations, engendrées par la dynamique permanente entre le Yin et la Yang, pôles opposés et complémentaires.

Peuple de longue tradition agricole, les Chinois ont bien à l'esprit cette alternance et la nature cyclique des phénomènes qui en découle: jour et nuit, cycle des saisons, échec et succès, passage dans le visible puis invisible, etc.

Cette culture du changement influence en toutes parts la pensée des chinois :

Monde de l'entreprise

La culture du changement et l'adaptabilité sont souvent promues comme des valeurs clés dans les entreprises chinoises. Jack Ma, le célèbre PDG d'Alibaba, cite parfois en conférence des commentaires du Yi Jing (« la seule chose qui ne change pas, c'est le changement »).

Succès et échec

En Chine, le couple succès-échec est perçu comme les deux faces d'une même médaille en perpétuelle dynamique, comme un cycle naturel.

Cette conception s'applique aussi au cycle de vie des entreprises (succès et déclin), comme jadis la grandeur et la chute des dynasties successives de l'Empire.

D'une certaine façon, cette approche dédramatise l'échec. Les Chinois ont peut etre plus que nous une culture du "rebond". En particulier, de nombreux entrepreneurs chinois ont crée plusieurs entreprises sans succès avant de connaitre la prospérité.

Tolérance à l'incertitude

Cette culture du changement va aussi de pair avec une certaine tolérance à l'incertitude, un besoin de contrôle moindre sur l'avenir. Les chinois se projettent moins dans l'avenir. Quand ils le font, c'est plus pour se donner une direction que pour contrôler ou limiter les risques. 

Temps et action

Enfin, cette perception du monde induit un autre rapport à l'action  et au temps : ce dernier est surtout perçu comme un vecteur de changement. Du coup, les chinois ont tendance à planifier peu : ils laissent évoluer les circonstances, s'y adaptent et surfent sur ce qui vient. L'action est considérée comme un accompagnement des processus naturels et des changements engendrés par l'écoulement du temps.

Cette conception diffère notablement de notre approche occidentale, davantage basée sur la planification.